Captain America - Civil War

J'envoie un SMS : “Captain America ce soir ? “ Mon interlocuteur s’interroge.

Le bougre me rappelle alors que je n’ai pas aimé beaucoup de films Marvel ces derniers temps.

Ma réponse est alors d’un pragmatisme à toute épreuve :
Si le film me plaît, j’aurais passé un bon moment et j’en serais ravi. Si je n’aime pas, j’écrirai un article pour déverser ma haine et mon mécontentement. La publication sera partagée sur toute la toile, des marques viendront me chercher et me fileront un paquet de pognon pour que j’intègre leurs publicités dans mon prochain papier. Je deviendrai riche et je rachèterai l’empire Bolloré avant d’être obligé d’aller me coller des plumes dans les fesses en imitant un crocodile chez Hanouna.

Heureusement, on n’en est pas encore là.
D’après ces révélations, vous devriez vous dire que si j’écris, c’est que le film ne m’a pas plu. Haha !
Cela parait évidement plausible. Mais est-ce que le monde est blanc ou noir ? Suis-je un Mickael Jackson tiraillé entre jedis et sith ?
Pas d'inquiétude, vous aurez la réponse en temps et en heure. De toute façon, si vous continuez la lecture, c’est que vous avez vu le film ou que vous ne comptez pas le voir. Ça va spoiler !
La lumière s’éteint, l’écran s’illumine. Waouh génial ! du grand spectacle. Le titre apparaît. Mince, je regarde mon ticket, j’ai dû me tromper de Salle, Le titre dit : “Dolby Surround 7.1”, c’est con, je n’ai pas vu les 6 premiers. Tant pis, je reste.
Bon, un logo Marvel apparaît. De toute évidence, le projectionniste s’était trompé de bobine.

1991, Un homme entre en scène, super-héros à Avoriaz durant les vacances de Noël, Sauveteur-secouriste à La Baule l’été : Le soldat d’hiver. Le seul super-héros saisonnier.Il fait des trucs de pas gentils parce qu’en 91, il n’est pas gentil.
LAGOS, on change alors du lieu et d’époque. Les nouveaux vengeurs mènent une opération discrète sous la tutelle du Capitaine Amérique qui hésite à changer de nom si Trump remporte les élections. La discrétion s’envole pour laisser place à une belle scène d’action montrant avec brio la coordination impeccable de cette nouvelle équipe. Une course poursuite qui se termine par l’explosion du 7ème étage d’un immeuble que Lizzie Olsen n’a su éviter.
Notre demoiselle est alors aussi triste que le jour où elle découvrit la filmographie de ses jumelles de sœurs.

On change de lieu, Encore. On n’est pas loin du guide du routard pour mec en collant. Tony Stark arrive avec le sénateur OnSenFou pour mettre les vengeurs face à leurs responsabilités. Ils visionnent alors des images D’Avengers 1 et 2 pour montrer les dégâts causés par les supers. Le visionnage de L’ère D’Ultron met tout le monde fortement mal à l’aise. On peut les comprendre, J’ai personnellement vomi des yeux devant cette purge. Tony et monsieur politique expliquent alors que plus de cent pays ont rédigé un projet de loi internationale pour faire des Vengeurs une organisation au service des nations unies.
Alors jusqu’ici, le tout va bien. Montrer les vengeurs ayant l’air de s’amuser en mission pour finir par leur coller la facture Roc-eclerc sous le nez, c’est bon, très bon même. Coup d’œil sur la montre, une petite demi-heure de passé. Faudrait s’activer un peu car il parait que des personnages doivent être introduit dans cette équipe qui ne connait pas le mot charisme.
La division commence doucement, Captain refuse de signer, voulant prendre ses propres décisions. Il faut vite se décider parce que le traité est ratifié dans 3 jours. La vache c’est rapide ! Ce n’est pas la COP21 là, c’est du lourd, à peine rédigé, si tôt signé, et en plus ils se payent le luxe de demander l'aval des intéressés. On sait donc que François Hollande n’a pas participé à la rédaction.

VIENNE. Les nations unies sont prêtes à signer. Black Rouquine Widow fait la connaissance du roi du Wakanda qui fût impacté par l’opération des vengeurs à Lagos au Nigeria. Bon, on nous présente une carte de l'Afrique qui nous dévoile l’emplacement du Wakanda. Ces vils chenapans ont certainement annexé le Soudan, leur pays ancestral se trouvant au même endroit. C’est que ça à l’air grand le Wakanda, surtout que le Tchad est censé séparer les deux pays. Bon, je chipote, mais admettez que c’est drôle que l’on choisisse le Roi du Wakanda pour communiquer à la télévision sur des évènements se déroulant au Nigéria. Le fiston arrive, il se présente à la belle rouquine. Son niveau de charisme raz-des-pâquerettes nous indique qu’il ne devrait pas tarder à enfiler un pyjama design.
Un coup d’œil par la fenêtre lui permet de découvrir un post-it de la production indiquant l’explosion imminente d’une bombe qui se déclenche au niveau des fenêtres. Certainement une bombe sauteuse mise au point par un toon. Le roi meurt de façon très élégante, allongé sur le dos avec un peu de poussière sur la tête, une belle mort PG13. Le fiston n’est pas content, il est à deux doigts de se transformer en Bruce Wayne.

Des images de sécurité dégueulasses montrent le visage du suspect numéro 1 : Le soldat d’hiver. Il venait certainement de finir sa saison de ski. Alors, si dans la suite du film, vous voyez une prison sous-marine dont la technologie dépasse celle des Goa-ulds, ne vous demandez pas pourquoi les caméras de sécurité des nations unies film en noir et blanc 240p analogiques. Notre Bon vieux Steve Roger décide de retrouver son ami Bucky avant qu’il ne rejoigne La Baule. Il part donc en Allemagne pour innocenter son ancien compagnon. Oui, le mec qui a passé le film précédent à tenter de le tuer.
Emily Vancamp aide le Captain. Tient, elle est drôle celle-là : la tête d’affiche de Revenge qui aide un Vengeur. Je regarde dans les coins de l’image si je ne vois pas passer un chapeau melon et des bottes en cuir. Les deux compères se retrouvent et commencent leur fuite. Le nouveau roi du Wakanda, Monsieur Duluxe Valentine se met à la poursuite du soldat intermittent qui aurait tuer son père. Il en est sûr, il l’a vu sur BFMTV.  Des pans pans, des booms booms mais très peu d’émission de CO2, nos amis courants entre les voitures faisant à leur dépend la promotion de la taxe carbone.
Tout ce beau monde finit en garde-à-vue pour non-respect des accords non signés pour cause d’attentats. Remarque, ils ont peut-être signé et ratifiés les accords dans les 117 pays en quelques heures, tout en mettant en place les dispositions légales et techniques pour la capture et les conditions de détentions des super-héros dissidents. Bon, je chipote.

Le traité doit stipuler qu’un chef de gouvernement arrêté en Allemagne doit être placé en détention sur le sol américain. Le sol ou la mer, car les États-Unis disposent d’une forteresse sous-marine.
Un psy nommé Zemo arrive pour discuter tranquillement avec Bucky. Il lui sort le même jargon que l’Hydra pour que l’on comprenne bien qu’il active le mode tueur à gage.
On passe vite fait parce que ça devient chiant à mourir. C’est à partir de ce moment que les gens dans la salle cherchent un DiCaprio avec une toupie. Nous sommes certainement arrivés pas loin des limbes car la montre à beau afficher le temps écoulé depuis le début de la séance, celui-ci semble s’étirer dangereusement. Nous arrivons à un niveau 2 sur l’échelle Blueberry de l’ennui.
La team America composée du capitaine, de Bucky et du boulet de faucon est persuadé que Zemo est responsable de l’attentat des nations-unies. Iron Man qui s’est autoproclamé chef de la milice anti-anti-accords compte bien faire son devoir en arrêtant cette équipe de bras cassés, ou de bras robot, c’est selon.  Lui aussi fait les comptes de ses effectifs. Il se retourne et voit une rouquine, Ouf. Bon pas de bol, il y en aura une dans chaque équipe, du coup il sera difficile de faire un choix. Chaque leader choisit alors ses compagnons et comme à l’école, il faut forcément choisir les cassos à la fin. Duluxe Valentine part chez Iron Man et Captain est contraint de se taper encore Faucon, dur. HawkEye est de la partie, tellement heureux de pouvoir éviter l’horrible costume de sa version comics pour sa 4ème apparition dans un film Marvel. Les Blaireaux répartis équitablement, il faut à chacun sa botte secrète. Stark part donc dans le Queens chercher le jeune Peter Parker ravi de s’être libéré des actionnaires de Sony. Nous avons donc le plaisir de rencontrer une nouvelle version de Tante May façon “Mange, Prie, Aime” qui pourrait en dérouter certains. La tutrice du jeune Parker respirant le sex-appeal par tous les pores de la peau nous balaye les polémiques bidon de fans extrémistes. Manquerait plus qu’elle soit rouquine.

Et voici donc le deuxième éclair de génie du film : Spiderman combat le crime dans un costume de merde fait à la main, c’est donc Stark avec ses moyens qui va lui offrir une vraie combi. Tous les cosplayeurs doivent s’arracher les cheveux devant les autres films mettant en scène un Spiderman fauché portant un costume qui coûterait certainement quelques centaines voire milliers de pépètes à fabriquer. C’est cohérent, enfin presque. Stark peut trouver l’identité de Spidey au bout de 6 mois d’activité mais il n’est pas foutu de mettre la main durant 2 ans sur le soldat d’hiver et son bras en métal qui doit affoler bon nombre de portiques de sécurité.

La botte secrète de Roger se nomme Ant-Man. L’homme qui rétrécit aussi vite qu’une verge à la vue de la sex-tape de Nadine Morano. Tout ce beau monde se retrouve à l'aéroport. La #TeamCap sait de source sûre ou se cache Zemo.
L’affrontement commence. Une chorégraphie au millimètre. Nous félicitons au passage les responsables des CGU qui ont eu le courage de confier au stagiaire le rendu de Spiderman. Notre nouveau héros en image de synthèse fait de texture digne de la N64. Un plan montre le jeune Peter avec une version réelle de son costume qui tache avec le reste de ses apparitions. C’est dégueulasse à souhait. Pour rattraper le coup, les réalisateurs ont décidé de mettre quelques plans ou Captain et Bucky s'échappant grâce à la diversion d’Ant-Man devenu géant. Une incrustation produite par un youtubeur de 12 ans découvrant le fond vert sur Movie Maker.  

Bon, cette scène nécessite de ne pas avoir vu Ant-Man. Dans le film ou cachetonne Mickael Douglas, on nous explique que lorsque L’homme-fourmi rétréci, sa force est décuplée à cause du resserrement des atomes. Tout laisse à penser que s’il grandit, sa force diminue. Mais non, sa force décuple aussi. Décidément, Ant-man a du mal à suivre ses propres règles. Black Widow se rappelle que le titre du film comporte “Captain America” et décide de retourner sa veste afin de figurer dans le prochain épisode. Elle rend service au spectateur en arrêtant le copain de Simba tellement niais qu’il fait passer Le Faucon pour un vrai personnage. Captain et Bucky arrivent à la base de Zemo pour l'empêcher de remettre en service d’autres soldats de l’hiver. Ils sont rejoints par Iron Man qui décide de les aider après avoir essayé de les tuer.
Zemo explique alors son plan : Il n’avait aucune envie d’utiliser les soldats, il les a d’ailleurs tués. Il a provoqué l’attentat en se faisant passer pour Bucky (qui était à ce moment porté disparu), afin qu’Iron Man affronte Captain pour les attirer là (sous entendant qu’il découvrirait que Bucky n’y était pour rien) pour montrer à Stark une vidéo de la mission de Bucky montrée au début du film.
Climax …. Il est l’assassin des parents de Tony Stark ! Mince, manquerait plus que la maman se nomme Martha !

Iron Man pas content décide de se venger en tuant Bucky. Il est tordu le Zemo, il aurait pu faire un peu plus simple parce que là, son plan repose sur une cascade de chances minimes. Perso, j’aurai diffusé la vidéo directement après l’attentat mais bon…
Zemo expliquera à la panthère du Wakanda du Soudan qu’il fait tout ça pour venger la mort de sa famille tuée par les vengeurs lors de dommages collatéraux. C’est toujours étonnant de voir des méchants venger la mort d'innocents en tuant encore plus d'innocents.
Captain disparaît en libérant ses amis, laisse un tweet à son ami Tony pour lui dire qu’il est Goku et lui Vegeta. Fin.
Générique.
Le soldat d’hiver retourne chez Ben&Jerry.
Générique.
Voilà voilà.

Je sors de la salle, je me tiens à la rambarde. La sortie de l’inception est dure. Quelques heures passées dans la salle, plusieurs années dans la tête. Je tente de reprendre mes esprits mais le bruit parasite des trois accords passés en boucle tout au long du film résonnent encore dans ma tête. Avengers 2 avait eu raison de mes yeux, Civil War a achevé mes oreilles.

Finalement, Civil War est un très bon film d’1h10. Le meilleur reste le pop-corn, salé de préférence.

 

Illustration : Sow

 

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